Tu es rentré de voyage il y a seulement quelques jours. Peut-être même hier. Et là, tu te réveilles dans la même chambre dans laquelle tu te trouvais juste avant ton voyage. Tu te demandes alors si ce n’était pas juste un rêve.

Tu vérifies alors rapidement sur ton téléphone si tu n’as pas des photos de ton aventure… Et tu les trouves. Tu es soulagé mais en même temps surpris d’avoir douté un seul instant de la réalité de ton voyage.

Cela t’est-il déjà arrivé? Parce que moi, oui. Que ce soit pour mon voyage en Islande ou celui-ci, au Népal, cela m’a pris environ une semaine pour me faire à l’idée que ce n’était pas juste un rêve.

Le voyage est passé tellement vite. Je n’ai pas dormi deux fois dans la même ville ou dans le même village (à une exception près). J’ai vu des paysages et des lieux magnifiques, rencontré des personnes super et vécu des expériences formidables.

Je revis ça en racontant mon aventure ici et j’espère réussir à te transporter quelques minutes avec moi. Si après avoir lu mes billets, tu as envie d’aller découvrir le Népal, tu auras alors toutes les cartes en main pour organiser ton voyage de manière à le rendre magique!


Tu es actuellement en train de lire le deuxième billet sur mon aventure au Népal. Clique ici pour lire le premier billet de la série.

Comment obtenir les permis pour partir trekker seul dans les Annapurnas?

Voici la question que je me suis posé en me réveillant le lendemain matin à Pokhara. La réponse: trouver le « police tourist office ».

Je pars donc dans sa direction grâce à Google Maps.

Juste en sortant de la guest-house, je tombe sur une épicerie et y achète trois trucs : un samoussa, un truc hyper pimentée qui me force à boire cul-sec ma gourde et un truc sucré beaucoup trop gras.

3 gateaux népalais

Tu en manges deux, tu vomis. Prends-en peut-être un pour goûter mais essaye de ne pas devenir diabétique pour en avoir mangé deux… Ça m’a coûté moins de 50 centimes (je ne parle qu’en euro dans mon récit mais si tu veux savoir exactement combien j’ai dépensé en euro et en népali rupees, clique ici).

Le « police tourist office », c’est génial!

4 photos d’identité. Voila ce que j’ai oublié… Mais heureusement, dans ce « police tourist office », ils te font gratuitement toutes les photos dont tu as besoin!

Je peux donc faire mon permis pour trekker seul dans les Annapurnas ainsi que le Pass permettant de rentrer dans le parc national. 20€ chacun. Assez cher mais si tu les achète à l’entrée du parc, tu payeras beaucoup plus cher!

Je leur dis que je compte faire le tour des Annapurnas mais quand ils me répondent que ça me prendra 21 jours (alors que j’en ai plus que 11), je reviens sur ma décision… S’ils m’avaient dit 15 jours, j’aurais peut-être tenté surtout qu’au pire, j’ai le rapatriement hélicoptère: je fais exprès de me fouler la cheville pour être rapatrié et ne pas rater mon avion. Mais là 21 jours, sans préparation physique c’est clairement hardcore. J’ai envie de profiter un peu quand même, pas passer mon temps à courir.

Je suis alors leurs conseils et choisis de faire le trek du Camp de Base des Annapurnas (ABC). Le trek est beaucoup plus court : 6-10 jours. Et surtout, tous les chemins sont praticables à cette saison. Parce que sur le grand tour, ils m’expliquent qu’il y a, en ce moment, certains chemins impraticables du fait de la neige et de la glace.

Ils parlent super bien anglais dans ce bureau donc j’en profite pour leur poser un tas de question. Je te le suggère à toi aussi quand tu seras à Pokhara! C’est clairement  les personnes les plus aptes pour répondre à toutes tes questions. Et en plus, elles me donnent plusieurs cartes gratuitement: celle de Pokhara, celle des Annapurnas et celle du trek de l’ABC.

Je regarde la carte de Pokhara et me rends compte qu’il y a un lac tout près. Allons voir ça!

Le lac de Pokhara et ses pigeons chinois

Sur le chemin pour atteindre ce lac nommé Phewa, je passe devant un temple bouddhiste pas piqué des hannetons et j’emprunte ensuite mon premier pont népalais.

Des temples bouddhistes à Pokhara Un pont super stable ou pas du tout

J’arrive alors devant ce lac et j’admets qu’il est assez énorme avec un décors montagneux très sympathique!

Tu peux apercevoir sur ta gauche quelques pigeons chinois avec leur veste de sauvetage.

Les chinois sur leurs petits bateaux à Pokhara Le lac à Pokhara avec ses bateaux

Je marche encore un peu avant de décider de trouver un moyen pour rejoindre le lieu de départ du trek. A peine je sors ma carte qu’un népalais vient vers moi pour m’aider. Je suis sur mes gardes au début, pensant qu’il allait me demander quelque chose. Mais non, c’est juste un acte de générosité complètement désintéressée. On connaît pas trop ça en France, hein?

Il m’indique comment rejoindre le lieu d’où partent tous les bus et je me met en route.

Comment prendre un bus local comment un grand?

Cette fois-ci, je ne compte pas me faire arnaquer comme la veille donc j’ignore tous les taxis qui me proposent une course.

Sur le chemin, je pars m’acheter un paquet de gâteaux de survie à 0,20€ et croise des véhicules assez « originaux ».

L'une des rues de Pokhara avec un véhicule assez spécial

J’arrive alors à l’endroit indiqué. Et je commence à galérer…

Il y a plusieurs cars mais tous sont vides et sans chauffeur. Je demande aux personnes que je croise mais pas moyen d’en trouver une parlant anglais.

Finalement, je vois un bus s’arrêter pas très loin et je cours demander comment rejoindre Nayapul (village de départ du trek). Le portier est super sympa. Ah oui, il faut que tu saches que dans les bus, il y a toujours le chauffeur et le portier qui lui s’occupe de récupérer l’argent et de trouver des passagers. Donc là, le portier (ils parlent souvent bien l’anglais) me dit qu’il ne va pas à Nayapul mais me propose d’attendre pendant qu’il s’occupe de me trouver un bus.

Quelques minutes plus tard je suis dans le bus pour Nayapul. Je mets en place une technique pour ne pas me faire arnaquer sur les prix: demander aux autres passagers/clients le prix plutôt qu’au portier/marchand. Je paye donc environ 2€ pour ce trajet.

Les bus locaux s’arrêtent très souvent pour faire monter et descendre des passagers. Il te suffit de lever le bras en apercevant un bus pour qu’il s’arrête. Ensuite tu donnes ta direction et le portier te dira si oui ou non le bus y va.

En plus de ces pauses passager, il y a d’autres pauses bonus. Ça m’a fait rigolé durant ce trajet quand le bus s’est arrêté sans raison apparente et que, d’un coup, tous les mecs sont sortis pour aller pisser à 15 le long de la route… J’en ai profité aussi 😂

Après 1 heure de bus, je suis déposé au milieu de nulle part. Je demande au portier si c’est bien Nayapul et il me répond que oui.

2€ pour le meilleur plat que j’ai jamais mangé

Il n’y a aucune indication donc je demande aux locaux avant de marcher dans une direction sans vraiment être sûr que ce soit le bonne…

Photo de Nayapul en arrivant

Je suis mort de faim donc je suis à l’affût de tout restaurant. J’en trouve finalement un à la sortie du village avec une vue magnifique.

La vue depuis le restaurant super à Nayapul

Je te le conseille très fortement si tu passes à Nayapul! La nourriture est délicieuse et pas cher, le gérant est super sympa (il me charge mon portable, me passe la wifi et me remplit ma gourde sans que je ne demande rien) et sinon juste pour la vue, il vaut le détour. J’ai aucune action chez lui mais vas-y! J’ai oublié le nom du restaurant mais il est vraiment à la sortie du village du côté du trek.

Le plat délicieux que je prends s’appelle chow mein mix, c’est-à-dire qu’il y a des légumes et du poulet. J’en ai l’eau à la bouche rien que d’y penser…

Le plat délicieux de chow meins à Nayapul

Ah oui d’ailleurs, tu n’auras jamais de couteau dans les restaurants. Les népalais mangent la plupart du temps avec les doigts et sinon, simplement avec une fourchette ou une cuillère. Personnellement, il me faut deux couverts donc j’avais soit deux cuillères, soit deux fourchettes, soit comme ici, une cuillère et une fourchette. C’est pas toujours super pratique mais tu t’y habitues. 😉

Maintenant que j’ai le ventre plein, go trekker !

Le paysage du début de trek

Pas de porteurs? Pas de guide? Bonne chance…

Après avoir passé le premier village :

Le premier village de l'ABC trek

J’arrive assez vite à l’entrée du parc où l’on me demande mes permis. Ils sont surpris que je sois seul sans porteur ni guide et me souhaitent bonne chance.

Ce n’est que le début mais je kiffe déjà et je sens que ce trek va être génial!

NAMASTE!!!

Après avoir vu le film L’Ascension, je pensais que toutes les personnes que je croiserai au Népal me diraient « NAMASTE!!! » mais pas du tout. Personne ne dit « namaste » en vrai.

D’ailleurs, « namaste » signifie : bonjour, bienvenue, enchanté, au revoir, merci… Autant dire qu’il peut s’utiliser tout le temps !

Et c’est ce que j’ai fait. Cela me manquait trop de ne pas l’entendre du coup j’ai commencé à le dire à chaque personne que je croisais (même les touristes) avec toute ma bonne humeur et ils me rendaient mon « NAMASTE » avec un énorme sourire. Ils étaient souvent surpris et rigolaient. Je suis même parvenu à faire sourire de vieux ermites au visage impassible !

Les seuls avec qui j’ai eu du mal sont les porteurs. Ils ont toujours la tête baissée parce que leur sac est accroché à leur front et ils doivent fournir des efforts surhumains donc « namaste » passe après.

Les escaliers dont mes jambes se souviendront pour toujours

Au début, c’est assez tranquille : la route monte mais très légèrement.

Une partie du chemin très vert lors du trek Paysage durant la randonnée

Puis après avoir passé ce pont, ça commence à être vraiment éprouvant!

Un pont en métal dans les annapurnas

Un escalier sans fin avec des marches énormes…

Je fais ma première pause après avoir escaladé quelques centaines de mètres et un chien vient me tenir compagnie. « Tu gênes la photo. Bouge! Au moins, regarde la caméra STP… »

Photo du paysage après une petite montée

Et c’est reparti !

J'arrive aux escaliers qui tuent les jambes Photo d'une partie du trek avec des ânes

Les enfants népalais sont géniaux!

A peine deux heures que je marche et je me suis déjà trompé deux fois de chemin. Et à chaque fois, des enfants viennent me courir après pour me demander où je vais. Ils se doutent bien que je ne suis pas sur la bonne route et ils ont raison! Merci! 😀

De plus, ils parlent très bien anglais! Ils commencent à l’apprendre dès 2-3 ans donc à 6-7 ans ils peuvent déjà tenir une petite conversation.

J’ai ramené une trousse remplie de petits jouets et figurines et ils sont super contents à chaque fois que je leur en donne un. Ils me demandent parfois si je n’ai pas également du chocolat, des bonbons ou des stylos. Je leur ai refilé quelques stylos mais le reste je n’en ai pas.

Si tu comptes leur offrir des chocolats ou des bonbons, veille à les leur donner sans l’emballage pour ne pas qu’il se retrouve dans la nature. Il y a suffisamment de déchets comme ça. 😕

« C’est impossible! Tu n’y arriveras pas ! »

J’arrive à Kimche vers 18h et la nuit commence déjà à tomber.

Plusieurs népalais me disent que je n’arriverai pas à atteindre, de nuit, le village suivant. Et juste pour leur prouver que rien n’est impossible, je leur dit « we’ll see » et j’y vais.

Ça fait une heure que je marche avec ma lampe torche et je me retrouve coincé à cause d’un tracteur qui est en train de massacrer le chemin pour en faire une route.

Je croise un tracteur dans la nuit

Les bus de touriste chinois arrivent aujourd’hui jusqu’au village Kimche mais d’après ce que je vois, ils prévoient d’aller beaucoup plus loin… Un jour l’Everest se fera taxi si ça continue. 😅

Après 15 minutes d’attente avec quelques porteurs népalais, je peux finalement passer et j’arrive, quelques minutes plus tard, à l’entrée du village Ghandruk.

Entrée du village Ghandruk

Eau chaude, wifi, chambre clean et pas cher du tout : le paradis

Je ne m’arrête pas aux premiers hôtels en faisant confiance à mon instinct et je monte alors assez haut dans le village.

Apparaît devant moi un panneau indiquant « eau chaude, wifi… ». Je ne réfléchis même pas, je rentre.

L’hôtel est assez grand: au moins 40 chambres et je suis le seul touriste. J’ai donc une assez grande chambre juste pour moi à 2€ avec l’eau chaude qui fait plaisir.

Je décide d’aller dîner et le gérant me propose deux choix: soit je mange seul dans le restaurant pour les touristes soit je mange avec lui et ses amis dans la cuisine. Mon choix est vite fait.

Manger Dal Bhat, tout un art…

Je prends Dal Bhat et ils me servent cette assiette:

Le Dal Bhat du diner

Ils rigolent en me voyant hésiter. « Comment ça se mange? » je leur demande. Ça part en fou rire et moi je suis toujours devant mon assiette à me demander si je dois ou non remplir la sorte de tacos avec la salade.

Ils prennent aussi Dal Bhat et me montrent comment ils font: ils sortent les récipients en métal de l’assiette, étalent le riz et mélangent tout ensemble en vidant le contenu des récipients par dessus. Ils mélangent tout cela avec les doigts puis, une fois que tout est bien mélangé et donne une sorte de bouillie (que je préfère ne pas te montrer en photo), ils commencent à déguster (avec les doigts).

Je suis pas encore prêt à manger comme ça (et c’est pour ça que tu vois des couverts sur la photo) donc je prends des couverts et mélange à ma manière. 😁

Après m’avoir appris à manger, ils me font savoir que lorsque tu commandes Dal Bhat, quel que soit le restaurant, tu peux en reprendre à volonté! Pas seulement du riz, vraiment tout ce que t’as dans ton assiette! Je te cache pas que je me suis fait plaisir pour le coup.

Je ne te l’ai pas dit mais ce plat est aussi super bon!!! Beaucoup de saveurs différentes. Mais si t’es comme moi à sentir ta dernière heure sonnée quand tu manges un peu trop épicé, ne mélange surtout pas la sauce (ici orange) avec le reste!!! Testé et désapprouvé.

Petit aperçu de la vue depuis Ghandruk le lendemain matin

Paysage au réveil à Ghandruk

Tu te réveilles. Tu sors de ton lit, t’ouvres la porte et tu vois ça. Pas mal, non?

Je suis déjà nostalgique…

Clique ici pour lire la suite de mon aventure dans le troisième billet.

Oui. Trekker seul et sans guide dans l’Himalaya, c’est possible!
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