Tu t’es déjà baigné dans des sources chaudes ?

Cela a failli m’arriver lors de mon voyage en Islande mais j’ai préféré annuler ma réservation au Blue Lagoon pour un road-trip entre voyageurs.

Hier soir, lorsque je suis arrivé à Jhinu, il faisait déjà nuit et j’étais beaucoup trop fatigué pour atteindre les sources. J’aurais peut-être pu les atteindre mais je me serais endormi à l’intérieur et tu n’aurais jamais pu lire ce récit…

Aujourd’hui, j’ai une vingtaine de kilomètres à parcourir dont 1 km en dénivelé positif et autant en négatif. Ensuite, j’aimerais, depuis Phedi (dernière étape du trek), rejoindre Pokhara. Mais pour cela, il faut que j’envoie du pâté !

Tu es en train de lire le 5e chapitre de mon récit sur le Népal. Clique ici si tu n’as pas encore lu le 1er.

Grâce aux étirements que je fais maintenant tout le temps (je te ferai un cours de souplesse dans mon prochain e-book sur le Népal 😉), mes jambes ont à peu près récupéré de la veille. Mais j’hésite à aller me baigner dans les sources (hot springs en anglais) car je risque de ne pas pouvoir atteindre Pokhara avant la nuit (moment à partir duquel, les prix des hôtels/lodges deviennent des grosses arnaques).

Finalement, fuck it, je prends le risque et je descends la montagne en short et tee-shirt avec ma serviette sur les épaules. Il fait 5-10°C mais, d’après ce que l’on m’a raconté, la température de l’eau dans les sources est à plus de 45°C donc, rien que d’y penser, je transpire déjà.

1€ le bain privatisé à 40°C au bord de la rivière, ça vaut le coup ou pas ?

Cela fait quinze minutes que je marche sur le chemin qu’un Népalais m’a indiqué et je commence vraiment à me demander s’il ne s’est pas trompé car je ne vois toujours pas une goutte d’eau à l’horizon. Je me dis : « bon allez, je continue encore cinq minutes et si je ne vois toujours rien, je fais demi-tour. ». Trois minutes plus tard, je croise une Chinoise qui me dit que je ne suis plus qu’à cinq minutes des bains et qu’il n’y a personne pour le moment. Génial !

J’arrive effectivement quelques minutes plus tard devant les bains.

sources chaudes à Jhinu

Il y en a deux pour le moment et quelques Népalais sont en train d’en construire un troisième. Ils font des allers-retours en passant sur le pont (d’Avignon… oublie, j’ai rien dit.) pour ramener des pierres.

riviere en bas de Jhinu

Je paye moins d’un euro (100 NPR) au vieux népalais qui semble être le PDG des sources chaudes de Jhinu et il me laisse me déshabiller (il y a même des petites cabines si tu as besoin de te mettre complètement nu). Ensuite, direction la douche. Ce n’est pas vraiment une douche en réalité, plutôt une coulée d’eau à 40-45°C (bien bien chaud) et en utilisant une grosse écorce, je peux la diriger au-dessus de ma tête.

Cette coulée d’eau provient d’un petit bain (pas fait pour se baigner) où l’eau à 50°C qui sort directement de la montagne, est recueillie pour refroidir un peu. Une partie de cette eau permet de se doucher et le reste rejoint les deux bassins. Ils doivent être entre 37 et 40°C. On est vraiment super bien à l’intérieur et cela fait bizarre de se dire qu’à seulement quelques mètres, la température de la rivière doit être proche de 0°C.

Une fois sorti de l’eau, tu n’as qu’une envie : retourner dedans. Difficile d’en sortir quand il fait 10°C à l’extérieur… mais pas le choix, j’ai beaucoup de chemin à parcourir aujourd’hui !

Le Millet-Tancarville-Etendoir-Backpack beaucoup trop classe

J’ai beaucoup de style avec ça sur le dos, non ?

Seulement la moitié des habits que j’ai lavé sous la douche hier ont séché donc tout le reste va sur le sac : une serviette, trois caleçons, deux tee-shirts, deux paires de chaussettes et mon gant de toilette. Je pense que c’est à peu près tout.

2-3 étirements et c’est parti !

Pour que tu puisses suivre mon périple de la journée, voici une nouvelle carte prise en photo à New Bridge, première étape de la journée : (tu peux cliquer dessus pour voir en plus grand)

carte du parc des Annapurnas

Depuis hier, je suis le chemin rouge qui part de ABC tout en haut jusqu’à Phedi tout en bas en longeant le chemin le plus à droite.

Les petites voitures indiquent jusqu’où les touristes peuvent actuellement se rendre sans trop se fatiguer. Tu remarqueras qu’entre les villages Kimiche et Ghandruk, la route gagne du terrain. Comme j’ai pu m’en apercevoir lors de mon premier jour de trek. Mon objectif est de revenir au Népal avant que la route n’atteigne l’ABC (Annapurnas Base Camp). Et je te conseille fortement d’y aller le plus tôt possible et hors-saison pour pouvoir profiter à fond de ce trek sans être dérangé toutes les cinq minutes par les perches à selfie et les drones. Bon, c’est vrai que moi aussi j’ai une perche pour ma GoPro et que j’aimerais bien avoir un drone… donc pars visiter le Népal avant mon prochain voyage ! 😁

New Bridge = Nouveau Pont ?

Bien joué Sherlock !

Ce village n’est pas allé chercher très loin son nom. Peu après avoir dépassé le village, je tombe sur un panneau indiquant « New Bridge, this way -> ». Ils ont mal placé le panneau parce qu’il indique la direction opposé au village que je viens de quitter.

Un porteur est en train de prendre une pause à quelques mètres donc j’en profite pour lui demander pourquoi New Bridge est indiqué dans cette direction. Il me répond : « Because the New Bridge is in this direction. ». Je lui explique que je viens d’en sortir et que je peux lui parier 5 000 NPR que New Bridge est dans l’autre direction. « Yeah yeah but THE new bridge is a bit far from the village… ». « Ahhhhhhhhhh okayyy ».

En fait, près du village, il y a deux ponts : l’ancien que plus personne n’emprunte (et que je te déconseille d’emprunter) et le nouveau. D’où le nom du village et de l’indication sur le panneau. C’était logique !

Voici donc « THE new bridge » :

 

Des p’tits ponts, des p’tits trous, toujours des p’tits trous (dans les ponts)

Au Népal, la plupart des ponts ressemblent à ça :

Photo d'un pont avec quelques trous

Bon d’accord, c’est peut-être pas tout à fait vrai 😅

Photo du pont brisé

J’ai emprunté le chemin à gauche.

Encore un pont sympa que j’ai, cette fois-ci, traversé.

pont en bois dans les Annapurnas

Je ne sais plus exactement où il était mais il est cool, non ?

Je ne vais pas abuser en te mettant tous les ponts que j’ai traversé mais en voila quand même un dernier pour la route.

Un pont parmi tant d'autres

Surtout, ne pas glisser

Durant le trek de l’Annapurna Base Camp, il y a très peu de chemins dangereux et, la plupart du temps, il y a une option beaucoup plus sûre. Ici, j’espère m’être trompé de chemin parce qu’il est super glissant : sable + petits cailloux = 💀. Mon conseil de pro : enlève tes tongs et met de bonnes chaussure quand tu approches de Landruk.

Un chemin un poil dangereux

Les Népalais sont de véritables fourbes dans les Annapurnas !

Quelques centaines de mètres après Bhedi Kharka, je tombe sur un croisement : soit je continue tout droit sur la route, soit je prends le chemin qui grimpe à gauche. Un panneau très bien fait (c’est important de le préciser pour ce qui va suivre) indique que le chemin à gauche est un raccourci pour atteindre Phedi (étape finale du trek).

Comme je n’aime pas trop marcher sur la route et que je veux arriver avant la nuit, je choisis le chemin à gauche en faisant confiance au panneau… et je me suis bien fait avoir, haha.

Peut-être que c’est effectivement un raccourci (j’en doute), mais de tout le trek, cette montée d’escaliers passe immédiatement en top 1 de la souffrance. Une succession de marches dont on ne voit jamais le bout.

D’accord, mais elle est où la fourberie ?

Les népalais sont des génies. Aux sommets de toutes les grosses montées, tu trouveras un restaurant. Ils savent bien qu’une fois que l’on a terminé une ascension, tout ce qu’on veut, c’est prendre une petite pause. Du coup, ils en profitent en offrant généreusement un endroit où se poser ET où il est très rapide de vider son porte-monnaie : sodas, gâteaux, plats…

Ça, c’est pour les génies Népalais de niveau 1.

Lors de cette montée de la mort indiquée par un panneau flambant neuf, j’ai eu l’honneur de rencontrer des génies Népalais de niveau 2. Deux fois plus fourbes !

Pourquoi ? Parce qu’ils ont choisi d’installer leur restaurant non pas au sommet de la montagne mais aux trois quarts de la montée. Au moment, où t’es à bout de souffle et d’énergie et qu’il ne te reste plus que le mental pour te faire avancer. Le pire c’est qu’ils sortent toute la nourriture et tout ce qui peut te donner envie sur les tables à côté desquelles tu es obligé de passer pour continuer ton ascension. Très difficile de résister !

Mon toutou

Après la montée, la descente

Une fois arrivé au sommet, c’est reparti pour une descente jusque Phedi.

Je plains vraiment les personnes qui font le trek dans l’autre sens : Phedi -> ABC -> Naya Pul. Lorsque tu arrives à Phedi, tu commences immédiatement par un escalier avec des marches énormes et je crois bien que c’est le plus long que j’ai emprunté. Y a pas pire pour débuter un trek dans l’Himalaya ! Conseil d’ami : commence par Naya Pul.

Trois bus, un vélo-taxi et j’arrive à Lumbini

En arrivant à Phedi, il commence déjà à faire nuit. Je prends un bus pour Pokhara et en arrivant, je décide de partir vers Lumbini. J’emprunte alors un bus puis un vélo-taxi qui tente de m’arnaquer et encore un autre bus pour finalement arriver à Lumbini à 6h30 du matin. Je comptais dormir un peu dans une auberge en arrivant mais il fait déjà jour donc tant pis, je pars découvrir cette ville.

Je ne suis pas le seul perdu en sortant du bus. Un indien cherche à se rendre au lieu de naissance de Bouddha. « Ah ouais ? Bouddha est né ici ? ». Cela m’intéresse donc je pars avec lui…

Se baigner dans les sources chaudes de l’Annapurna
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