Quand je pense « YouTubeur voyage », Alex Vizeo me vient immédiatement à l’esprit. C’est en grande partie grâce à lui et ses vidéos sur son tour du monde que j’ai eu la motivation pour partir en Islande en solitaire l’année dernière.

Qui est Alex Vizeo ?

Alex a aujourd’hui 34 ans et vit une vie de rêve :  il voyage autant qu’il le souhaite en alliant les métiers de blogueur voyage et vidéaste professionnel.

Comment en est-il arrivé là ?

Pour le comprendre, revenons en 2005, douze ans en arrière…

Alex entre alors dans le monde du travail après un BTS tourisme en poche et une licence professionnelle de tourisme option internationale. On sent déjà une petite passion pour le voyage. 😄

Avec le rêve de partir faire un tour du monde ancré en lui, il économise pendant six ans et en 2011, c’est parti !

Il fait un tour du monde d’un an à travers quinze pays d’Asie, d’Océanie et d’Amérique du Sud.

Il profite de ce tour du monde pour créer son blog voyage afin de tenir sa famille au courant de ses aventures autour du globe.

175 vidéos plus tard son blog est nommé meilleur blog voyage de l’année aux Golden Blog Awards 2011.

De retour en France, il décide de changer de carrière pour se lancer en tant que freelance et un an plus tard, en 2013, il décide de tenter sa chance en devenant blogueur voyage professionnel à temps plein.

Il commence par se placer en tant que consultant pour aider les personnes souhaitant faire de longs voyages. Mais il décide d’arrêter au bout de six mois par manque de temps.

Il se replonge à fond dans ses vidéos et cela fonctionne plutôt pas mal car de nombreuses marques, agences et offices de tourisme font appel à lui.

Avec plus de 200 000 fans sur tout réseau social confondu, Alex est un véritable « influenceur » dans le domaine du voyage et peut vivre confortablement de son métier qui est aujourd’hui principalement axé sur la vidéo.

Place maintenant à l’interview où tu vas en apprendre bien plus sur le plan personnel du nomade digital qu’est aujourd’hui Alex.

1. Tu rêvais de voyager. Et puis un jour, tu es parti sans savoir où cela te mènerait. Est-ce la vie dont tu rêvais ? As-tu des regrets ?

Excellente question !

C’est exactement la vie dont je rêvais.

En fait il n’y a pas longtemps, j’ai revu des collègues de mon ancien travail et je leurs disais «ce qu’il y a de plus fou dans ma situation actuelle, c’est qu’il y a six ans je rêvais d’un travail qui n’existait pas et qu’aujourd’hui, je l’ai et je gagne ma vie avec. »

Comme quoi tout est possible quand on s’en donne les moyens car je n’ai rien de plus que quelqu’un d’autre.

2. Comment a évolué ta relation avec tes proches (famille et amis) depuis que tu es parti ?

En fait le plus étonnant, c’est que depuis que je voyage quasi en permanence, je vois presque plus souvent mes amis et mes proches et ce, de façon plus qualitative.

Parce que, lorsque j’étais dans ma vie quotidienne : métro-boulot-dodo, je les voyais à peine une fois par mois le temps d’un verre en terrasse…

Aujourd’hui, quand je les vois, je prends le temps d’aller directement chez eux et de passer une soirée entière, voir de dormir chez eux.

Du coup on a des moments encore plus forts ensemble.

3. Lors de ces voyages, y a-t-il un pays qui t’ai marqué profondément au point que tu envisages d’y passer le reste de ta vie ?

Malheureusement, il n’y a pas eu un pays où je me suis dit : « ça y est, c’est là ! ».

Peut-être parce qu’à chaque fois que je vais quelque part, je sais que je ne vais pas y rester et donc je ne vois pas les lieux comme un potentiel lieu de vie.

Le problème également est que, lorsque tu vois beaucoup de pays, de styles et de cultures différentes, tu te dis « Ça c’est bien ici » ou « j’aimerais bien avoir ça chez moi », et ensuite inconsciemment tu fais l’erreur de vouloir un lieu qui réunit tous les avantages.

Or, jusque-là, je n’ai pas encore trouvé ce lieu. 😅

Il y a un pays qui m’avait marqué lors de mon tour du monde, c’était la Colombie.

C’est un pays qui rassemble à la fois le confort de vie à l’occidentale et l’exotisme d’un pays d’Amérique latine.

Le Canada est également un pays qui m’a beaucoup touché car il mêle nature et vie à l’occidentale.

4. Quelle est la plus belle chose qui te soit arrivée en voyage?

Tomber amoureux.

5. Et à son opposée, la plus grosse galère dans laquelle tu t’es retrouvée et comment t’en es-tu sorti ?

Les seules galères qui me soient arrivées furent des challenges psychologiques.

Soit qui ont repoussé mes limites physiques et donc j’ai dû aller chercher dans mes ressources mentales, soit dans une situation où je devais me contrôler (ne pas m’énerver) pour m’en sortir sans problème.

À chaque fois, j’ai réussi à ce que ce soit le cas.

Non sans difficultés mais j’ai réussi, sans avoir de problèmes.

La plupart du temps, si tu suis ton instinct, que tu respectes les règles de bon sens et que tu écoutes les conseils que l’on te donne (des locaux ou de voyageurs expérimentés), il n’y a aucune raison pour qu’il t’arrive quelque chose.

En revanche, dès que tu ne suis plus ces recommandations, tu sais que tu fais augmenter potentiellement voire dangereusement les risques qu’il t’arrive quelque chose de négatif.

Bon sinon, je vais quand même te donner une petite galère qui m’est arrivée en voyage…

Je suis en Chine près de Beijing et je me rends à un petit village près d’une portion de la muraille de Chine, laissé à l’abandon.

La petite auberge que j’ai réservé, m’a envoyé un mail avec les indications pour m’y rendre : deux bus avec un changement à faire au milieu de nulle part.

J’arrive à la fin du premier trajet pour prendre la connexion, et là en descendant du bus, quinze chauffeurs de taxi m’attendent.

Ils sont en train de crier en chinois mais je ne capte pas un mot.

J’imagine qu’ils souhaitent que l’on prenne un taxi… mais mon chinois est assez limité. 😅

Jusqu’ici, rien d’anormal. C’est souvent le cas de la part des chauffeurs de taxi.

Sauf que cette fois-ci, je suis un peu fatigué et ils crient super fort à dix centimètres de mes oreilles.

Ce qui m’agace presque instantanément.

Habituellement, je reste dans ma bulle et je fais mine d’ignorer… mais là, je pète vraiment les plombs.

Je me retourne vers l’un d’eux et je hurle dans ses oreilles : « NO THANK YOU ! ».

Un moment de silence.

Personne ne bouge, tous les regards sont rivés sur moi.

Après quelques secondes, le vacarme redémarre. Et, cette fois-ci, de manière vraiment hostile (même si clairement, je ne fais pas la différence avec les mots d’avant !!).

Mais cela fais un mois que je suis en Chine et c’est l’un des rares pays où je me sens un peu costaud vu la taille de locaux.

Alors… chose à ne jamais faire, je commence à faire mon chaud et je les regarde en criant à mon tour : « VAS-Y DÉGAGE ! ».

Sauf qu’un énorme chinois d’un mètre quatre-vingt-dix ressemblant à Bouddha (mais en colère), tout droit sorti d’un film d’action Hollywoodien, commence à pousser tout le monde pour finalement se mettre face à moi en collant son gros ventre contre le mien.

Il me sort alors les deux seuls mots d’anglais présents dans son vocabulaire mais qui sont plutôt clairs : « FUCK YOU, FUCK YOU !! » tout en me poussant en arrière avec son gros ventre.

Là, deux solutions s’offrent à moi : soit je continue à faire mon show et je finis dans un nem.

Soit je prends sur moi et je me casse… Ce que je fais en essayant de ne pas trop perdre la face.

Et quand je commence à me recevoir des canettes vides et un enjoliveur dans le dos en partant, je ne fais vraiment plus pas le malin. 😄

Au final, je parviens à trouver l’arrêt de bus pour ma connexion et à arriver à ma petite auberge sans encombre. Mais ce n’est pas passé loin.

C’est bien la seule fois dans tous mes voyages où j’ai perdu mon calme et que cela a failli me coûter très cher.

Un des meilleurs conseils qu’on m’ait jamais donné en voyage : « reste en dehors de tout problème ».

Et l’air de rien, c’est un très bon exercice pour modérer nos egos surdimensionnés d’européens. 😅

6. Que penses-tu du fait d’ouvrir un blog lorsqu’on part en voyage longue durée ?

Un blog, c’est avant tout le partage d’une passion.

Si les gens qui partent en voyage de longue durée créent un blog pour partager leur passion et être utiles aux autres voyageurs, alors c’est une bonne chose !

En revanche, s’il créent un blog simplement dans le but d’obtenir des nuits gratuites ou des promotions auprès des acteurs du tourisme alors je ne trouve pas que cette démarche soit la bonne.

Et si c’est une démarche pour donner des nouvelles à ses proches, aujourd’hui, grâce à Facebook ou à Instagram, les choses sont beaucoup plus faciles, agréables et rapides à partager en utilisant simplement ces réseaux sociaux, plutôt que de se prendre la tête à créer un blog.

7. Pour finir, une citation qui t’inspire, te motive ?

« Si tu fais ce que tu as toujours fait, tu continueras d’obtenir ce que tu as toujours obtenu. »

Merci à Alex pour cette interview. Retrouve-le sur Facebook, Youtube ou sur son blog: vizeo.net.

Dis-moi en commentaire si tu as apprécié cette interview et si tu aimerais que j’en fasse d’autres.

Tu peux aussi me proposer d’autres blogueurs ou nomades digitaux à interviewer.

Alex Vizeo : Il rêvait d’un travail qui n’existait pas et aujourd’hui… Il en vit!
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